FEEDBACK – Vers une déclaration politique sur l’utilisation des armes explosives en zone peuplée | September 23, 2015

© Phillipe Houliat/Handicap International

Les 21 et 22 septembre, Handicap International participait à la réunion internationale « Prévenir les dommages causés par les armes explosives dans les zones peuplées », qui se tenait à Vienne. Cet événement est l’amorce d’un processus qui doit mener à u engagement politique. Une vingtaine d’Etats, des agences onusiennes (OCHA, l’UNODA, l’UNMAS, le PNUD, l’UNICEF), le […]

Les 21 et 22 septembre, Handicap International participait à la réunion internationale « Prévenir les dommages causés par les armes explosives dans les zones peuplées », qui se tenait à Vienne. Cet événement est l’amorce d’un processus qui doit mener à u engagement politique.

Une vingtaine d’Etats, des agences onusiennes (OCHA, l’UNODA, l’UNMAS, le PNUD, l’UNICEF), le CICR, le GICHD, et plusieurs représentants de la société civile, notamment Handicap International, étaient réunis pour l’occasion. La réunion s’est tenu selon la règle de Chatham House, les déclarations ne peuvent donc pas être attribuées à des participants spécifiques.

Handicap International a facilité, pour la première fois sur ce sujet, la participation d’un survivant à une rencontre officielle. Nous souhaitions faire entendre la parole des survivants et des victimes d’armes explosives, et partager l’expertise acquise sur le terrain par les équipes de Handicap International. Elles sont en effet confrontées quotidiennement aux conséquences des armes explosives sur les populations civiles, après desquelles elles mènent des actions d’aide d’urgence, de réadaptation physique et de soutien psychologique, ainsi que d’éducation aux risques et de déminage à Gaza, en Afghanistan, en Irak, pour ne nommer que quelques pays.

Nos équipes ont documenté l’impact des armes explosives en Syrie à travers trois publications récentes, fondées sur les informations recueillies sur le terrain:
– Une évaluation des blessures rencontrées chez les personnes déplacées en Syrie,
– Une étude de cas sur les incidents liés aux armes signalés en Syrie,
– Et une fiche d’information basée sur l’évaluation de la contamination par les armes dans la ville de Kobané.

Ces études témoignent de l’utilisation massive d’armes explosives par toutes les parties au conflit syrien: 80 000 incidents liés à des armes conventionnelles et des engins explosifs improvisés ont été signalés entre décembre 2012 et mars 2015, 80% de ces incidents ont été causés par des armes explosives et 75% des incidents impliquant des armes explosives se sont produites dans des zones urbaines.

Compte tenu des conséquences funestes, directes et indirectes, de l’utilisation des armes explosives en zones peuplées, Handicap International soutient fermement la nécessité d’un engagement politique sur l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées (EWIPA) pour mettre fin aux souffrances et aux dommages causés par cette pratique. L’utilisation d’armes explosives, en plus d’engendrer des blessures graves lors de l’explosion, entrave aussi l’accès des blessés et des autres civils aux services nécessaires, en particulier aux soins de santé d’urgence. Sur le long terme, les victimes et leurs communautés doivent faire face aux mêmes difficultés que les survivants d’autres armes non-discriminantes: pauvreté, perte des moyens de subsistance, difficultés à accéder aux services, discrimination à l’encontre des personnes handicapées.

Handicap International salue le soutien à un engagement politique, exprimé par les États. Nous avons rappelé notamment que:
• L’engagement politique doit reconnaître les droits des victimes, et assurer leur accès aux services;
• Il doit être fondée sur l’approche choisie dans la Convention sur les armes à sous-munitions, à savoir reconnaître que les personnes affectées sont celles directement victimes, tuées ou blessées, mais aussi leurs familles et leurs communautés;
• Une attention particulière doit être portée à la nécessité de fournir aux blessés des services de santé immédiats, mais aussi un soutien médical, social et économique à long terme pour leur permettre de participer à la société.
• Il est crucial d’adresser l’impact humain des armes explosives, nous rappelons que cela doit se faire, comme mentionné dans la Convention sur les armes à sous-munitions, sans discrimination à l’égard des victimes d’autres armes ou des personnes dont le handicap est lié à d’autres causes.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informé quant aux prochaines étapes du processus.


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